Je trouve un boulot, ou plutôt, j'en trouve deux. Je fais la rencontre d'un petit homme âgé qu'à fait partie de la résistance pendant la guerre 39-45, il était tout jeune à l'époque, mais il se souvient d'avoir fait des kilomètres sur son vélo pour transmettre des messages. Et il me dit qu'il a écrit un livre, seulement, il a besoin de quelqu'un pour le recopier sur l'ordinateur, parce que tu comprends, lui la technologie, c'est pas son truc. Commence alors une expérience étrange, où lui me raconte ses souvenirs et où moi je me construis un avenir. Étrangement, à ce moment, il est mon seul ami, mon seul lien avec l'extérieur, parce que de toute façon, c'est pas avec 10€ par mois que tu peux sortir avec tes amis.

Finalement, au bout de deux mois, je trouve un autre job. Je bosse à Mac'do. Je m'étais juré que je ferai jamais ça. TOUT mais pas ça! Oué, bin raté. Tant pis, j'en suis à demander à mes parents de payer mes courses parce que j'ai pas de quoi manger alors bon. Je rencontre une blonde pète-sec, la directrice, qui me fait bien comprendre qu'à partir de maintenant, va falloir se bouger l'cul, parce qu'ici, tu comprends, faut être ré-ac-tif!! Yes m'am!

Pendant ce temps, faut savoir que dans mon esprit germe doucement l'idée de partir. Loin. Apprendre l'anglais. Pourquoi? Parce qu'avec un bac littéraire, tu sauras cher lecteur, qu'on fait pas grand-chose dans la vie. Sauf, si on a continué ses études par la suite, ce qui n'est pas mon cas.

Je débarque un samedi matin, ou un lundi je sais plus trop. Il est 9h et ça pue la friture. Joie. Moi qui ai toujours adoré mes p'tits dèj, là je commence à regretter d'en avoir pris un. J'enfile mon magnifique pantalon noir, mes splendides sur-chaussures sur mes baskets, mon t-shirt à trou et, summum du chic, mon filet de cheveux. Ouah!! J'me sens sex à mort c'est dingue! Tu vois la fille qui se trémousse en porte-jarretelles dans tes rêves et qu'est hyper sûre d'elle bin là, dans ma tête c'est moi. Ou l'antithèse en fait. Mais bref.

Je m'agglutine avec mes camarades devant la pointeuse, regardant les dernières minutes défiler pour venir, moi aussi, pointer dans un concert de bips. C'est génial, j'ai envie de partir en courant. Et puis j'apprend à "monter" les sandwichs. Pas d'imagination graveleuse s'il-vous-plaît, on empile le pain et le reste de la nourriture dans un ordre bien précis et puis voilà. On "gratte" les grills (là encore on se calme!) et puis on crève de chaud en fait!! C'est physique les cuisines de mac'do. Sisi j'vous assure. C'est qu'f'aut débiter quand on voit la demande! Alors on s'arrête pas un minute, on transpire et on s'imprègne d'un parfum "fritures intense", c'est génial!

Au fil des semaines, je n'ai d'un coup plus de nouvelles du petit monsieur, et je n'en cherche pas non plus. Je n'ai pas envie d'apprendre une mauvaise nouvelle, alors je fais comme souvent, je grave le souvenir et j'avance. Au boulot je rencontre des gens sympas, et je comprends que la force de Mac'do réside dans son esprit d'équipe. Je me marre quasiment tous les jours et si des fois j'ai chaud et que je suis crevée, c'est pas grave, je sais qu'au final je me marre bien. Je fais la connaissance d'un mec qui a les même goûts musicaux que moi. Cette année là, il me fait écouter le dernier album de Rammstein et on passera des heures à se l'écouter en fumant des herbes magiques, entre deux shifts. Un vrai bonheur.

Pendant ce temps là, je me renseigne et je picore des infos. Partir? Oui c'est possible. Seule? C'est un plus compliqué et plus cher. Puis, je découvre le concept "de jeune fille au pair".....